Meetic rime aussi avec Romantique

09 déc
9 décembre 2010

Lors d’un déjeuner cette semaine, une amie me demande « Mais pourquoi donc t’es-tu inscrit sur Meetic ? » et ce matin, en découvrant l’adorable petite jupe que je lui ai offerte le week-end dernier, une de ses collègues s’exclame devant mon épouse : « J’aurais du aller sur Meetic avant toi ! »

C’est bien simple, depuis que Ghislaine et moi nous nous sommes rencontrés (devinez comment !) et que nous sommes tombés fous amoureux l’un de l’autre (je vais vous dire comment…) chaque semaine, et plusieurs fois par semaine, le sujet revient dans nos vies : Meetic ?!? Hé oui ! Et pour une raison bien simple : Meetic rime aussi avec Romantique !

Tout commence par un conte de fées…

Nos parents font mine de ne pas comprendre, et pourtant… Ce sont bien eux qui m’ont donné à lire lorsque j’étais enfant « La Nuit des Temps » de Barjavel. Un merveilleux roman d’amour, dont les deux héros Eléa et Païkan sont seuls rescapés d’un passé très lointain et très futuriste à la fois de l’espèce humaine. Retrouvés dans une arche de Noé high tech au fond de l’Antarctique, ils expliquent être le couple choisi pour préserver l’humanité d’un cataclysme. Et ils ont été présentés l’un à l’autre, comme tous les êtres humains de leur époque…  par un ordinateur !

De façon intéressante, l’ordinateur du monde imaginaire de Barjavel n’a pas toujours raison. Il lui arrive de présenter l’un à l’autre des hommes et des femmes qui, bien qu’ayant tout pour être heureux, ne s’aiment pas. Mais ce n’est pas le cas d’Eléa et Païkan, bien au contraire ! L’intensité de leur amour est telle qu’ils le décrivent par un mot intraduisible dans les langues humaines contemporaines. Un peu comme Ghislaine et moi… ;)

Maintenant que vous connaissez ma version personnelle des contes de fées lus le soir au coin du feu (J’ai aussi vu bambi en VHS aussi mais ça m’a moins parlé…), vous comprendrez que le terrain culturel et imaginaire était, dans mon cas, très propice à une telle démarche. Hélas ! Quand j’étais adolescent, il n’y avait que le minitel rose et il était tout le temps occupé par mes parents. Le minitel, je précise, pas spécialement le rose. Enfin, je ne sais pas d’ailleurs… Bref !

J’allais donc en boîte de nuit, je me mettais dans un état souvent second et parfois pitoyable, et je rencontrais de charmantes inconnues dont j’appréhendais le potentiel amoureux en me basant essentiellement sur le sens du rythme, l’endurance sur le dance floor et la souplesse du déhanchement. Efficace à court terme mais pas très glamour. Donc inefficace, en fin de compte. Autant tamiser l’Ardèche en été avec les yeux bandés pour y trouver une pépite d’or.

Mais étrangement, personne ne dit « Un bar ?!? » ou « Une boîte de nuit ?!? » mais simplement… « Meetic ?!? ». Continuons donc à creuser ce mystère pour comprendre. Peut-être trouverons-nous un filon, ce qui vaut toujours mieux qu’une pépite.

S’apprivoiser pas à pas

Nous avons donc fait connaissance Ghislaine et moi sur un lieu de socialisation virtuel plutôt que dans un bar, car sur Meetic il y a plus de monde et moins d’alcool. Et en commençant par des affinités objectives avec quelques critères simples (niveau d’études, style de vie, centres d’intérêts, etc.) plutôt que par nos affinités subjectives avec quelques critères simples (trop canon, trop bonne, etc.).

Une démarche rationnelle au départ est-elle plus ou moins prometteuse pour une relation de couple qu’une démarche hormonale ? Dans un bar on s’oriente « à vue » mais sur Meetic il faut faire des choix. Réfléchir sur soi, sur l’autre et établir des priorités car il y a plusieurs milliers de partenaires potentiels, même après un premier tri rapide pour éliminer les histoires impossibles. Non, je n’irai pas vivre en Afrique sub-saharienne. Et non, je n’abandonnerai jamais mon chat pour une femme allergique.

Ensuite, il faut s’exprimer. Oser dire ce que l’on aime (Tanizaki et World of Warcraft) et ce que l’on n’aime pas (« ne fume pas, n’aime pas la fumée »). Écrire un petit texte pour se présenter, qui m’aura valu quelques heures de réflexion par mot. Et enfin et surtout il faut avoir le courage (la décence ?) de montrer son visage à défaut de dire son nom. De ne pas avoir honte de chercher l’amour mais d’en être fier au contraire, et de l’assumer pleinement, car personne ne peut nous en faire honte à part nous-mêmes.

L’expression du visage, le cadrage, la tenue, le décor… Tout compte dans la première impression donnée par la photographie du profil mais sur Meetic on peut faire des choix, où ne pas se donner la peine d’en faire. Dans le cas de Ghislaine, la démarche esthétique a suivi de très près la démarche rationnelle car sa photo m’a tout de suite touché. Plus tard, j’apprendrai qu’elle l’a prise elle-même, spécialement pour son annonce, et qu’elle l’a passée en noire et blanc car elle trouvait ça plus joli. Et moi aussi…

Choisir l’amour et choisir son amour


Car à la différence des héros de Barjavel, nous n’avons pas été identifiés par un puissant logiciel doté d’une immense base de données. Nous nous sommes choisis. Non pas dans un dîner d’amis ou lors d’une fête de famille mais en nous présentant nous mêmes l’un à l’autre. Sans certitude, sans filet. Sans fausse pudeur et sans forfanterie. Pour être aimés tels que nous sommes et non pas tels que nous pourrions devenir un jour. Nous nous sommes écrits pendant plusieurs semaines, puis nous nous sommes parlés. Puis nous nous sommes rencontrés, les cœurs battants.

Alors ne soyez pas déçus ou tristes de ne pas nous avoir présentés l’un à l’autre. N’ayez pas d’inquiétude particulière pour nous car l’amour est toujours une aventure périlleuse et le nôtre n’échappe pas à la règle. Voyez notre bonheur et réjouissons-nous ensemble de vivre dans une époque aussi riche de possibilités et socialement ouverte. Et à défaut de nous rencontrer sur Meetic (trop tard !), n’hésitez pas à nous retrouver sur nos blogs… ;)

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8 replies
  1. Ghislaine says:

    Sur Meetic nous pouvions choisir d’être nous-même ou d’être autre. Tout est possible dans un monde virtuel : dresseuse de puce ou fée, j’avais essayé pas mal de costumes avant de comprendre que celui qui m’allait le mieux était le mien.

    J’ai effleuré notre rencontre dans mon billet sur la cigarette (http://www.sexedroguenutrition.fr/drogue/larret-du-tabac-a-change-ma-vie/), et c’est vrai que le contexte se prétait particulièrement à l’authenticité de mon côté. Nous avons eu la chance d’être « in the mood for love », au même moment. Virtuelle ou non, la rencontre est avant tout un état d’esprit, une envie de découverte, une bienveillance pour la nouveauté.

    La réalité est bien plus riche que le conte de fée. Pour nous, ils se marièrent (et eurent beaucoup d’enfants…) est le début de l’histoire :)

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  2. Nikelaios says:

    Tu pourrais rajouter La nuit des temps à ta liste de livres favoris ;-) / C’est un des livres qui m’ont le plus marqué.

    Le marketing générationnel rattache nos comportements au contexte de nos 20 ans. Je crois que nos lectures de jeunesse sont aussi marquantes.

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    • Brice says:

      On ne s’intéresse pas assez en tant qu’adultes aux livres que lisent les jeunes. A part peut-être Harry Potter… ;)

      Outre les contes initiatiques, dont la Nuit des Temps est une belle illustration, j’ai aussi toujours beaucoup de plaisir à lire les ouvrages comme « Toutes les réponses aux questions que vous ne vous êtes jamais posées » ou encore « Pourquoi bailler fait bailler ». J’adore toutes ces histoires pour les enfants, qui ont aussi beaucoup de sens pour les grands enfants que nous gardons en nous !

      Ce qui me fait enfin penser qu’en tant qu’auteur je devrais garder à l’esprit d’écrire pour être lu par les jeunes (pas forcément les enfants car certains textes demande plutôt un regard de jeune adulte par exemple). Mais en tous cas l’avoir à l’esprit. C’est une belle destination de l’écriture…

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      • Ghislaine says:

        C’est drôle car personnellement je reviens à mes livres d’enfant avec beaucoup de plaisir: les contes de la rue Mouffetard, les histoires de Roald Dahl, Racontes moi des histoires (dont l’intégrale est téléchargeable sur ce site: http://histoires.ratibus.net/)…

        Les contes nous ramènent à la simplicité, les histoires pour enfants sont souvent plus logiques et réfèrent à des sensations ou des sentiments universels: leur but n’est-il pas d’aider à comprendre le monde?

        Je suis d’accord avec toi que nous devrions écrire pour les enfants, car cela nous oblige à expliquer ce qui parait évident, mais ne l’est pas toujours…

  3. tiphaine says:

    haha! oui, meetic ca rime avec romantique, je le confirme. Le dimanche après ce brunch durant lequel tu m’as présenté Ghislaine, j’ai accordé une dernière chance à ce site que je fréquentais depuis un certain temps (après tout, pourquoi pas moi?). j’y ai rencontré Marco le jour même et un an et demi plus tard nous voici mariés. Fantastique !

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    • Brice says:

      Trop fort !

      Je ne savais pas que c’était la rencontre de Ghislaine et notre rencontre sur Meetic qui t’avait incitée à persévérer… Ca me touche beaucoup.

      Bien entendu, le succès n’est pas plus garanti dans une démarche amoureuse sur Meetic que par n’importe quelle autre rencontre, et là aussi il faut parfois prendre le temps de tamiser la rivière pour y trouver une pépite. Mais je suis sincèrement aussi heureux pour toi que pour nous… C’est dire ! :)

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      • tiphaine says:

        Mais si! pourtant je pensais te l’avoir dit!
        Et je peux même te dire très précisément que c’est ta remarque (au mot près) : « si t’es là, il y a forcément quelqu’un comme toi de l’autre côté de l’écran » qui m’avait fait rallumer mon ordinateur ce jour là. ca m’avait soudainement paru lumineux et évident.

        Peut être même que si je ne vous avais pas vus tous les deux ce jour là, Marco et moi ne nous serions jamais écrit, donc jamais rencontrés! alors aujourd’hui je serais peut-être en pleine retraite monastique pour 3 ans 3 mois 3 jours (mon projet naissant de l’époque), Marco encore à Londres, nous ne serions pas partis pour la Suisse, et, et, et… qui sait???

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